Guy : un "parisien" enraciné à l’Île-aux-Moines
Issu d’une lignée isloise depuis de nombreuses générations, Guy Désiré est né à Paris, près de la gare Montparnasse, où sa mère Marguerite s’était installée et où elle restera huit années avec son mari Vincent.
Son parcours s’inscrit dans une histoire familiale qui a commencé durant la Seconde Guerre mondiale. En 1941, alors que l’Europe est plongée dans le conflit, et que l’exode pousse de nombreux habitants de la capitale à quitter Paris, un certain Georges Lépinay installe sa famille à l’île aux Moines. Pour s’occuper de leurs quatre enfants, ils embauchent Marguerite, une jeune isloise. En 1944, la famille Lépinay l’emmène à Paris, ou elle entre aux Hôpitaux de Paris, et devient aide-soignante avant de réussir le concours d’infirmière.
Une union scellée sur l'île
L’histoire personnelle de Guy illustre aussi les liens étroits qui unissent plusieurs générations de parisiens à l’île. En 1970, Guy rencontre Nadine, la fille de Denise et Jacques Pissard, une parisienne, qui, toute petite, a fréquenté l’école publique isloise, lorsque sa famille s’installait sur l’île pour plusieurs mois. Aujourd’hui, le couple habite toujours dans la maison qui a été construite en 1957.
Un géographe proche du terrain
Après l’obtention de son baccalauréat en 1968, il entreprend des études de géographie à Rennes et Paris, une discipline qui conjugue son intérêt pour les territoires, les paysages et les relations entre l’homme et son environnement. Prémonitoire sans le savoir, il rédigera en 1971 une monographie sur l’évolution et l’érosion des rivages de l’ile,
C’est dans un bureau d’études d’ingénierie nantais qu’il effectuera l’essentiel de sa carrière professionnelle, spécialisé dans l’évaluation environnementale de projets d’infrastructures, de plans et de programmes (comme les Schémas de Mise en Valeur de la Mer ou la gestion du littoral), puis dans les risques naturels et technologiques. Un doctorat lui permis de conjuguer cette activité avec l’enseignement et la recherche à l’Université de Nantes.
A défaut de parcourir le monde sur des navires, comme son père, son grand-père ou ses oncles, il fit des escales dans plusieurs ports (Montréal, Glasgow, Québec, Lisbonne, Genève, Barcelone), y présentant le savoir-faire français.
Les solidarités qui se tissent sur un territoire partagé
Tout au long de sa vie, Guy Désiré a été le témoin privilégié des relations qui unissent les habitants de l’île et les familles venues de Paris ou d’ailleurs. Son expérience lui rappelle combien ses familles qui ne sont pas de « souche » ont contribué, au fil des décennies, à la vitalité économique et sociale de l’Île aux Moines. Commerces, services, artisanat ou vie associative ont souvent bénéficié de cette présence fidèle et régulière.
À travers son histoire familiale et personnelle, Guy Désiré incarne ainsi une mémoire vivante des échanges, des rencontres et des solidarités qui ont façonné les relations entre l’Île aux Moines et le « continent » depuis bien plus de 80 ans.
Un passionné de généalogie
Guy Désiré développe une véritable passion pour la généalogie. Animé par le goût de la recherche et la volonté de préserver la mémoire familiale, il entreprend un important travail d’investigation qui lui permet de remonter huit générations de son arbre généalogique.
Cette démarche aboutit à l’organisation d’une grande cousinade en 2018, réunissant près d’une centaine de membres de la famille Briel. Et il raconte les histoires familiales, celles des marins, des siens et aussi des autres. Très investi dans ce domaine, il est également adhérent d’un groupe de généalogie morbihannais, où il partage son expérience et contribue à la transmission de l’histoire des familles bretonnes.
Un acteur engagé sur le territoire
Secrétaire de l’Union des Associations de Plaisanciers pendant près de 25 années, il contribuera à la création des zones de mouillages, puis à la cartographie des herbiers, préalable à la mise en place de mouillages de moindre impact. Il participera au projet Valmer, qui a pour objet de qualifier et de quantifier la valeur (économique, sociale et environnementale) des services rendus par les écosystèmes marins et côtiers. Plus particulièrement, dans le Golfe, où il est question des herbiers de zostères.
Il co-anime aujourd’hui le groupe de travail « environnement » de l’Union des Associations de Navigateurs du Morbihan. A plusieurs reprises, il assurera également la coordination maritime de la Semaine du Golfe.
Depuis 2017, Guy Désiré s’est investi dans la Réserve Communale de Sécurité Civile de l’île-aux-Moines, œuvrant à l’élaboration du Plan Communal de Sauvegarde, assistant les pompiers, soutenant les personnes vulnérables lors des épisodes climatiques extrêmes ou lors de la pandémie Covid 19.
Il participe aussi aux rencontres permettant d’identifier et valoriser le patrimoine vivant de l’Île-aux-Moines.
Et en toute confidentialité, il a évoqué avec nous le travail qu’il a entrepris sur les marins de l’île aux moines sur des chaloupes sinagotes. Nul doute que nous en parlerons ici.
Portrait réalisé en aout 2026 par Colette Irsapoullé pour ileauxmoines.com