Céline DUPUIS
Céline : Gardienne de la mémoire de l'île-aux-Moines
Céline Dupuis est de ces personnes discrètes dont le travail tisse pourtant un lien essentiel entre passé et présent. Depuis 2009, elle veille sur la médiathèque de l’Île-aux-Moines comme sur un lieu vivant, presque intime, où chaque document a son histoire et chaque visiteur sa place. Derrière les rayonnages qu’elle organise avec rigueur, ce sont près de deux mille ouvrages qu’elle sélectionne, classe et fait circuler, avec un sens du détail et du service hérité d’un parcours riche et singulier.
Un parcours riche
Rien ne destinait pourtant Céline sur ce chemin professionnelle. Titulaire d’un bac littéraire, d’un Brevet d’Aptitude aux fonctions d’Animateur – BAFA – et même d’un permis bateau, elle a exploré plusieurs horizons : monitrice de voile, Agent Territorial Spécialisé dans les Ecoles Maternelles – ATSEM – à l’unique école de l’île, puis hôtesse d’accueil à la mairie dès 2001. Pendant huit ans, elle y développe un sens aigu du contact et de l’organisation, avant de s’orienter vers le patrimoine. Une évolution naturelle pour celle qui semble animée par le souci de transmettre et de préserver.
À la médiathèque, elle conjugue aujourd’hui ses compétences administratives et sa sensibilité culturelle. Mais son rôle dépasse largement la gestion quotidienne. Céline s’attelle à une mission patiente et précieuse : la numérisation et la sauvegarde des archives de l’île. Actes de vente anciens, plans cadastraux, récits de marins, mémoires d’anciens métiers… autant de fragments d’histoire qu’elle collecte, saisit et préserve avec minutie. Dans une pièce dédiée à cette mémoire fragile, elle contribue à faire en sorte que le passé ne s’efface pas, mais reste accessible, consultable, vivant.
Céline, une passeuse intergénérationnelle
Céline Dupuis est ainsi bien plus qu’une responsable de médiathèque : elle est une passeuse. Entre les générations, entre les habitants et leur histoire, elle fait le lien, avec simplicité et constance. Grâce à elle, les îlois ne se contentent pas d’habiter leur territoire, ils en comprennent aussi l’histoire à travers la mémoire.